L’Alchimie : transmutation de la Matière et de l’Esprit

31 août 2026

par Jean-Pascal Bruno

Retour aux sources de l’Alchimie et ses perspectives

Le simple profane, l’homme moderne d’aujourd’hui, verra dans l’Alchimie un terme assurément désuet, couvert de la poussière moyenâgeuse des temps chaotiques, ténébreux et incultes où les esprits savants de l’époque s’affairaient dans l’obscurité de leur temps. Dans la réalité historique nous devons tous beaucoup à l’Alchimie, non seulement comme précurseur des sciences avec cette volonté farouche de découvrir ce qui se cache derrière la Matière, mais aussi en termes d’évolution de l’Homme lui-même face à cette incessante recherche de Vérité universelle. Les deux concepts sont en effet intimement liés, l’on ne peut assurément pas séparer l’expérimentateur humain, lui-même fait de la matière qu’il étudie, sans qu’il soit de facto dans l’extrême obligation de s’inclure dans sa propre étude. C’est justement cette ambiguïté, entre la proximité de la physique avec la métaphysique, qui caractérise l’Alchimie, ce que les sciences modernes ont voulu écarter, voire dissimuler en brandissant l’unique prétexte d’une certaine nouvelle modernité prônant l’essentiellement quantifiable de la réalité visible. Les sciences ne font que comptabiliser, peser et "quantifier le visible" avec des outils : le "Règne de la Quantité" (et les Signes des Temps) comme disait René Guénon (note 1). Mais où se trouve donc la Qualité, c’est-à-dire l’Essence de la Réalité ? Les sciences ne s’en préoccupent pas, bien au contraire, elles en renient totalement l’existence puisque non quantifiable.

Le terme présente lui aussi dans sa racine cette profonde ambiguïté puisque de l’arabe "al-kymia" en provenance du grec ancien "khumeia" la signification première était la mixture,
le mélange. Bien entendu ce mélange concernait la "materia prima", la matière que l’on cherchait à comprendre dans toutes ses formes et variétés. Mais l’on pourra aussi s’interroger si déjà à ces époques reculées les savants ne s’étaient pas eux-mêmes logiquement inclus dans cette recherche de Vérité en qualité de matière humaine, de ce corps fait de matière, d’un esprit capable d’étudier ce même corps physique, et de l’ultime question concernant ce qui se trouve derrière cet Esprit pensant : qu’y a-t-il finalement au-dessus ou dedans ? L’on conçoit donc immédiatement le caractère métaphysique de l’Alchimie, cette double appartenance, du terre-à-terre tangible (la matière physique) en s’élevant vers un éther spirituel invisible et pourtant réel (l’Esprit pensant, conscient de lui-même et de son environnement). Pour en comprendre simplement toute cette complexité : votre pensée, à cet instant, est elle-même intangible, invisible et je l’espère de qualité, elle n’en est pourtant pas moins une essentielle réalité que vous constatez à chaque instant… De quoi est-elle faite ? C’est donc ici aussi la substance invisible de la question posée par l’Alchimie depuis des millénaires, et cela continue, sous couvert de bien d’autres noms éparpillés dans diverses sciences séparées…

L’Alchimie est
UNE science, là où LES sciences n’ont chacune fait que découper le réel en de multiples petits morceaux distincts sans en comprendre la quintessence d’un TOUT globalement unifié. Notre modernité scientifique et technique est devenue experte en "dualité de la Réalité" (le quantifiable et observable d’un côté, rejetant absolument "tout le reste" de l’autre), elle se trouve actuellement dans une grave position de schizophrénie en phase terminale. Inversement, l’Alchimie portait dès le départ en elle l’autre concept, celui de la "non-dualité" de la Réalité qu’au VIIIe siècle le maitre spirituel Adi Shankara (note 2) exposait déjà en enseignant la doctrine hindouiste de l’Advaita Vedanta.

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L’Alchimie au fil de l’Histoire et ses expérimentateurs

Dans les temps anciens et dans nos régions l’on pourra se poser légitimement la question du Druidisme, lequel s’apparentait me semble-t-il déjà bien à une forme d’Alchimie précoce, avec ses premières expérimentations au sein de la Nature comme creuset fertile en obtenant des résultats probants avec diverses décoctions et "mélanges" de toutes sortes surtout à des fins de soins divers. Mais c’est assez tardivement que l’Alchimie arriva chez nous, principalement transmise en occident alors qu’en Chine et en Inde l’Alchimie existait depuis plusieurs siècles avant J.-C., passant ensuite en Égypte puis dans le monde gréco-romain pour arriver dans nos contrées au moyen-âge grâce à l’influence arabo-musulmane (commerce, échanges culturels). À cette époque l’on cherchait à réaliser le "Grand Œuvre" (la transmutation des métaux, surtout du plomb en or), ou bien aussi la "Pierre Philosophale" (Connaissance de toutes choses dans l’Univers) ou encore "l’élixir de longue vie" (pour l’immortalité) et la "Panacée" (remède universel pour guérir toutes les maladies).

De même et tous azimuts, ce sont les
secrets de la Vie et du Monde en général qui préoccupait une société savante multidisciplinaire en pleine effervescence au sortir de ce moyen-âge pour entrer par la suite dans une époque bien plus cartésienne et dite scientifique au sens que nous connaissons. De nombreux noms célèbres évoquant ces siècles de recherche et d’intense activité intellectuelle ne peuvent rester sans qu’on ne les cite tellement ils portent tous l’aura de l’Alchimie de ces temps anciens. Pêle-mêle, et pour votre recherche personnelle, je citerais par ordre chronologique quelques illustres savants et remarquables précurseurs, depuis l’antiquité jusqu’à la Révolution française (qui nous fit entrer d’emblée dans une autre époque) : Démocrite (concept d’Atome et de substances), Pline l’Ancien (séparation de l’Or par le Mercure), Zosime de Panopolis (alchimiste gréco-égyptien traducteur de papyrus anciens dont celui d’Hermès Trismégiste), Nicéphore Blemmydès (savant byzantin, traité alchimiste "La Chysopée"), Geber (de son nom arabe : "Jâbir ibn Hayyân", alchimiste astrologue découvreur des acides, du concept corps-esprit-âme, des 4 éléments, de l’élixir, etc…), Arnaud de Villeneuve et Albert Le Grand (alchimistes médiévaux et médecins, essais et traités d’alchimie, transmutation, distillation, etc.), Roger Bacon ("doctor mirabilis", savant et alchimiste anglais, métaux et élixir de vie), Nicolas Flamel (écrivain, copiste et libraire), Paracelse (médecin, philosophe de la Nature et alchimiste).

Bien d’autres noms célèbres sont associés de près ou de loin de tout temps à l’Alchimie mais avec l’arrivée de la chimie moderne au XVIIIe siècle (
Lavoisier, Etienne-François Geoffroy, Robert Boyle, etc.), l’Alchimie devient alors une discipline essentiellement philosophique, laissant à la chimie l’exclusivité de l’expérience scientifique et de ses avancées techniques. Cette séparation fondamentale marque le début de ladite modernité de la science et de sa prédominance jusqu’à nos jours. Les Alchimistes qui suivront, notamment au XIXe siècle seront surtout des penseurs et des métaphysiciens au sens plus spirituel du terme en maintenant vivace l’esprit de l’initiation dans l’étude des secrets des anciens ainsi que des correspondances ou des analogies universelles à en déduire, dans ce sens : Fulcanelli (ouvrages : "Les demeures philosophales" et "Le mystère des cathédrales"), René Alleau ("Aspects de l’Alchimie traditionnelle"), Louis Catiaux ("Le message retrouvé"), C. G. Jung et son "Livre Rouge" sont pleinement d’inspiration alchimique et métaphysique.

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L’alchimie aujourd’hui : quantique, chamanique et karmique

Plus récemment, depuis quelques années nous assistons à un assez surprenant retournement de situation, à ce que l’on a l’habitude de nommer un "changement de paradigme" dans le domaine des sciences. En effet l’étude de l’infiniment petit, c’est-à-dire plus précisément des particules subatomiques et de leur aspect quantique, s’avèrent désorienter complètement les dogmes scientifiques préétablis en exposant une Réalité qui n’était pas écrite selon les habituelles équations attendues. Ainsi une autre face de la Réalité s’ouvre aux sciences dites dures, celles des physiciens qui ne peuvent que constater que l’univers quantique qu’ils observent ne suit plus aucune règle, qu’en soulevant ce voile les outils habituels se comportent de manière irrationnelle, où, de plus, les observateurs humains peuvent par leur seule présence modifier radicalement la finalité des expériences… Ceci nous rappelle alors une autre histoire, plus ancienne : celle de l’Alchimie où la Matière et l’Esprit sont indissociables d’une Réalité plus universelle, une Alchimie qui avait donc, bien avant les sciences modernes, découvert ce "secret", ce Grand Œuvre en action dans un Univers mêlant conjointement la Physique macroscopique et le monde Quantique, sans oublier les expérimentateurs inclus dans ces deux niveaux de Réalité.

J’irai jusqu’à dire et même affirmer qu’il existe certainement bien plus que deux niveaux de réalité, car le
chamanisme et la magie des anciens (sans oublier l’Alchimie dont nous parlons) nous apprennent qu’au-delà de la matière visible coexiste un monde éthérique, celui plus spirituel qui nous anime via une force vitale dont la science n’a toujours pas donné d’explication bien pertinente… De même, le monde des idées, celui des pensées et des rêves, celui de l’imagination et même des voyages psychédéliques, doivent nous interroger sur cet invisible flux qui porte notre Conscience et nous caractérise.

Si l’Alchimie a de tout temps été un sujet d’étude si complexe, tant au point de vue de la matière que de la
métaphysique, c’est qu’il n’existe pas fondamentalement de séparation entre ces différents mondes qui rendent compte d’une seule et même Réalité intimement Unifiée. Le concept de Correspondance (d’analogie) entre la matière et l’esprit, si prédominant en Alchimie tout comme dans les rituels de Magie, placent l’Homme comme un centre de transmutation et d’intégration, une passerelle entre ces mondes sur divers niveaux de conscience et de perception. Au-delà de cette Matière si étudiée et de ces Esprits cogitant, doit-on placer encore un échelon supplémentaire de type "karmique", avec l’ultime concept unificateur que représente l’Âme ?

De cette question fondamentale,
l’Homme, qu’il soit scientifique, chaman, alchimiste, initié aux Arts ésotériques ou simple profane, en sera durant toute sa vie terrestre interrogateur, ceci jusqu’à son dernier souffle vital lui permettant enfin, "en passant au-delà", d’obtenir à coup sûr l’intrinsèque réponse post-existentielle ! Mais en attendant, nous avons tous le devoir de nous initier à la Vie et aux aléas existentiels de notre Condition Humaine, nous guidant jusqu’au "Point Oméga", comme le dirait Pierre Teillhard de Chardin (note 3).

Note 1 : René Guénon, autorité intellectuelle du XXe siècle, auteur de très nombreux ouvrages ayant trait principalement à la métaphysique, au symbolisme, à l'ésotérisme et à la critique du monde moderne, dont : "Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps" - "La Crise du monde moderne" - "Les États multiples de l'être" - "Initiation et réalisation spirituelle" - "Les hiérarchies spirituelles" - "Formes traditionnelles et cycles cosmiques", et bien d’autres… (source Wikipédia)

Note 2 : Adi Shankara, l’un des plus célèbres maîtres spirituels de l'hindouisme, philosophe de l'école orthodoxe Advaita Vedānta, et commentateur des Upanishad védiques, du Brahma Sūtra et de la Bhagavad-Gita. La doctrine enseignée par Śaṅkara est connue sous l'expression de « non-dualité », c'est-à-dire la considération de la divinité dans sa totalité, au-delà de toute dualité, y compris entre Être et Non-Être. Il s'agit par la Connaissance (jñāna) de sortir de l'illusion (māyā) que Brahman est séparé de l'Ātman. La libération (moksha) se fait par le dépassement de cette illusion fondamentale qui se traduit au niveau individuel par l'ignorance (avidyā). (source Wikipédia)

Note 3 : Pierre Teillhard de Chardin, prêtre jésuite français, chercheur, paléontologue, théologien et philosophe. Scientifique réputé, théoricien de l'évolution, Pierre Teilhard de Chardin trace une histoire de l'Univers, depuis la pré-vie jusqu'à la Terre finale (dans son livre "Le Phénomène humain" via un pôle de convergence de l'évolution : le "Point Oméga"). Pour Teilhard, matière et esprit sont deux faces d'une même réalité. (source Wikipédia)

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En cette 2e partie, suite à l’article " Au sujet des retraites psychédéliques (partie 1) ", il sera donc question d’entrevoir la retraite psychédélique sous un angle d’ordre spirituel et moins sous celui plus spécifique de la pure thérapie. Je rappelle et je souligne de nouveau qu'il n'y a aucune incitation ou prosélytisme de ma part à exposer ce sujet dans un but de propagande ou d'apologie mais uniquement avec l'intention d'informer le plus objectivement possible sur cette actualité soumise à une législation existante (sur ce point relire la partie 1 en 3e paragraphe). L’on parlera donc de retraite psychédélique "spirituelle" lorsque justement il ne s’agira pas de soins (entendre de soins physiques ou psychologiques) mais d’une démarche plus profonde à dessein de se confronter à l’universalité du Monde en la qualité d’un individu intimement plus conscient de sa place dans une Réalité qu’il va ainsi redécouvrir par l’usage de substances psychédéliques (la liste exhaustive est en rappel dans la partie 1). L’on pourra aussi évoquer une sorte de "soin de l’âme" tant l’expérience s’apparente à une puissante purge initiatique , ce que les spécialistes appellent la catharsis spirituelle , c’est-à-dire se retrouver confronté en pleine conscience (ou état modifié de conscience ) face à ses propres maux égotiques pour en faire, d’une certaine façon, le deuil définitif ou bien une ultime révélation dont on aura la responsabilité d’en choisir la leçon à en retirer pour évoluer. L’expérience psychédélique spirituelle apporte cette exceptionnelle ouverture d’esprit que la vie quotidienne, dans ces évènements les plus communs, ne peut pas ordinairement procurer. Le " psychonaute " aborde généralement cette expérience en dehors de tout contexte familier, il entre dans une dimension où son psychisme se voit directement confronté non seulement à sa propre nature individuelle littéralement désassemblée pour en comprendre les moindres rouages, mais aussi face à des valeurs universelles qui lui sont inconnues et qui viennent bousculer toutes ses certitudes logiques. D’autres expérienceurs, tels ceux ayant vécu des E.M.I (Expérience de Mort Imminente) font un récit presque identique de décorporation et de voyages hors du temps et de l’espace. Ils y rencontrent des entités familières s’il s’agit d’êtres chers décédés mais aussi d’autres types d’entités plus indéfinissables, positives et très supérieures avec lesquelles un dialogue peut s’instituer. Parfois, mais de manière moins fréquente, les entités rencontrées s’avèrent plus inquiétantes, voire infernales ou démoniaques si l’on peut les qualifier avec des termes approchants, pour autant à leur contact il en résulte toujours une leçon significative, une évolution spirituelle , certes beaucoup plus radicale et révélatrice !
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Concernant les " psychédéliques ", ces substances dites hallucinogènes ou psychotropes, je rappelle brièvement deux de mes précédents articles entrant dans le détails de l’histoire de ces substances, de leurs effets basiques et de certains questionnements scientifiques. Retrouvez-les sur ces deux liens : " Chamanisme et psychédéliques : la découverte par l’occident " et sur " Chamanisme et psychédéliques : sciences, conscience et Réalité ". Par conséquent je vous conseille de les lire pour conforter votre besoin de connaissance sur le sujet. Aujourd’hui, et sans vouloir faire ni de prosélytisme ni d’incitation quelconque, je vous présente ce que sont les retraites psychédéliques , c’est-à-dire des séjours spécialisés durant lesquels les participants expérimentent volontairement ces substances psychédéliques . Nous verrons de quelles substances il s’agit, le but de ces retraites et les effets recherchés . Il faut souligner dès maintenant l’encadrement professionnel de ces retraites qui n’ont rien de récréatifs ou d’aventureux comme beaucoup pourraient le penser, bien au contraire puisqu’il est question avant tout de soins thérapeutiques ou bien, dans un autre ordre d’idée plus initiatique , d’ élévation spirituelle et de recherche de vérités. Notons aussi que le terme de soin sera approprié à certaines affections plutôt psychiques que physiques, qu’il n’est aucunement ici question de se détourner de la science et de la médecine, lesquelles font elles-mêmes partie intégrante des recherches de thérapies associées aux psychédéliques depuis de nombreuses années. Mais ce n’est que depuis peu qu’il est proposé, en occident et dans un cadre thérapeutique strict, ces types de retraites utilisant des substances psychédéliques, ceci avec un succès avéré pour un grand nombre de pathologies que nous allons voir ensemble. S’il fallait enfin ajouter, qu’au-delà de dispenser des soins spécifiques, les retraites psychédéliques ont aussi cette deuxième autre qualité cruciale et plus traditionnelle d’aborder des territoires de la conscience propres à l’initiation spirituelle, à la connaissance de soi, ainsi qu’à une vision globale et universelle qui s’expose dans ce type d’ expérimentation . Quand le corps, l’esprit et l’univers se rencontrent, l’expérience devient porteuse d’une vérité plus large et plus subtile, laquelle transforme généralement l’expérimentateur selon ses attentes profondes ou ses besoins essentiels. C’est ici qu’il faut en déduire, dans cette approche spécifique, une qualité fondamentale s’apparentant à une véritable " initiation transcendantale ".
par Jean-Pascal Bruno 31 décembre 2025
La confusion entre "flammes jumelles" et "âmes sœurs" s’apparente assez tristement à une méconnaissance de ces termes et évidemment de ce qu’ils représentent exactement, ceci non seulement chez les profanes mais aussi de plus en plus chez certains initiés qui entretiennent une sorte de flou technique à différentes fins plus ou moins avouables : d’une part pour ne pas tenter de trop compliquer les choses avec des explications vis à vis des personnes les contactant et qui ne chercheraient justement pas à entrer dans les détails, mais d’autre part aussi le plus souvent pour s'approprier une certaine "aura de savoir" engrangée précieusement dans l’entre-soi de ces pseudo-initiés, comme si le secret était gigantesque et ne devait pas être divulgué ! Je vais donc démystifier ces concepts en argumentant les points importants et lever une grande partie du voile pour définir de ce qui se doit d’être mieux explicité ou clarifié pour tous. En ce qui concerne tout d’abord les "flammes jumelles" , concept assez récent apparu au durant les années 80-90 avec une vague de renouveau du New-Âge en reprenant une très ancienne idée citée par Platon dans son "Banquet" où celui-ci explique l’histoire divine suivante : Zeus, Dieu de l’Olympe aurait créé des êtres Androgynes dotés de quatre bras, quatre jambes et deux têtes, mais voyant que ces êtres étaient extrêmement puissants et certainement dangereux pour son propre pouvoir il décida de les séparer en deux parties, créant ainsi l’homme et la femme , c’est-à-dire l’humanité . Ce serait depuis cette séparation divine que chacun chercherait sa moitié, entendre ici sa propre partie manquante. Il en va tout autrement des "âmes sœurs" , un concept à la fois apparemment plus simple à comprendre mais avec des implications plus complexes puisque ce sont deux âmes distinctes s’étant déjà précédemment rencontrées dans des incarnations précédentes et se retrouvant comme individus dans des incarnations suivantes avec ce soudain "souvenir" de s’être reconnues. Avec ces premières définitions basiques, voyons ensuite les principales implications qui viennent "à l’esprit", si j’ose dire.
par Jean-Pascal Bruno 30 novembre 2025
S’il est bien un fait établi, que nous en ayons seulement le lourd sentiment ou la certitude qui nous tenaille, c’est que nous vivons actuellement dans un monde en totale crise , véritablement tous domaines confondus, une époque charnière où nos sociétés se sont assez tristement mondialisées en uniformisant drastiquement les diverses mentalités et toutes les traditions , ainsi que les modes de vie et les perspectives d’un progrès qui fait finalement plus de ravages que de bienfaits, des dégâts non seulement sur l’intégralité de l’Humanité mais aussi sur la planète entière via les immenses saccages répétés d’une biodiversité soumise à nos dévastateurs caprices. D’une matérialité souveraine portée par la science et le rationalisme, en passant par une volonté ultime d’optimisation de tout ce qui nous entoure et de gain de fausse performance à outrance, nous voici arrivés au bout d’un chemin, comme face à un mur, dans une irrémédiable impasse idéologique, sociétale et existentielle où la véritable crise expose sans vergogne l’inversion des valeurs naturelles, mais aussi de celles qui façonnent l’entendement humain avec la perte de la vérité au profit d’une tragique incertitude, de ce déni de la plupart des principes universels qui ont forgés notre essence pour suivre un véritable mirage institutionnalisé, une incroyable et dangereuse hallucination collective qui pourrait aboutir à notre globale et irréversible extinction . Déjà au siècle dernier, dans ses ouvrages d’une impressionnante lucidité, René Guénon , ésotériste, grand initié et métaphysicien de haut niveau, explicitait cette progressive et inéluctable perte mémorielle en occident de ce qu’il nommait la tradition primordiale . Il en envisageait ainsi, de manière très claire et formelle, la presque totale disparition à notre époque contemporaine, notamment des principes supérieurs sous l’emprise d’un "âge sombre" agissant sous l’influence déstructurante d’une ère nommée Kali-Yuga par les hindouistes, et dont il voyait aussi à terme en Orient, avec une réelle résignation teintée d’un savant pragmatisme spirituel, la lente mais inexorable désagrégation. Quelques années plus tard, avec l’anthropologue et ethnologue de renom Claude Lévi-Strauss , le même constat se vérifiait jusqu’aux confins des terres des peuples premiers d’Amazonie avec cette invasion à la fois culturelle, spirituelle et industrieuse de nos sociétés dites modernes, détruisant ainsi les derniers ilots de ces peuples indigènes auparavant protégés par la nature et par leurs croyances pluri-millénaires. Que ce soit dans le livre "Tristes Tropiques" de Claude Lévi-Strauss ou bien dans "La Crise du Monde Moderne" de René Guénon, tous deux ont décrypté historiquement à leur façon et de manière responsable et éclairée l’absurdité de notre très dangereuse "modernité" et la terrible perte de sens qu’elle instaure en tous lieux où elle passe avec cette fuite en avant vers un invraisemblable progrès destructeur .
par Jean-Pascal Bruno 31 octobre 2025
Il faut bien se l’avouer tout en le notifiant très clairement : "la réussite" , qu’elle soit professionnelle (carriériste, élitiste et glorieuse), amoureuse (relationnelle et sexuelle) ou bien sociétale (financière et réputationnelle), demeure la seule valeur sûre imposée comme une sorte d’incontournable culte contemporain dans nos existences toutes entièrement dévouées à atteindre ces indéfectibles "horizons de succès" ! Comme le diraient nos amis anglophones avec leur si reconnu acronyme sacrificiel : "TINA" ("There is no alternative"), il n’y a pas d’alternative ! En effet, le quidam reste ainsi éternellement sous le joug du monde de la compétition dans lequel il est plongé dès le plus jeune âge, puis vient ensuite l’univers de l’enfermement dans le travail et celui, encore plus impitoyable prison sans murs, le monde de l’argent qu’il faut incessamment gagner pour continuer à nourrir l’entièreté de ce cercle vicieux. Mais soyons tout de même reconnaissants à cet immense progrès sociétal, à l’ensemble de ce processus bien huilé, puisqu’il nous a permis, non sans maux, de penser apparemment vivre mieux et plus longtemps, d’être sortis des âges sombres de l’Histoire pour entrer dans ce grand siècle des lumières… devenu, chemin faisant, très radioactif. Evidemment, un peu d’humour et de sarcasme seront nécessaires pour surmonter cette vérité , celle que presque tout le monde aujourd’hui recherche ce type de réussite, tant l’Amour inconditionnel que l’argent à foison ou le succès illimité, voire les trois en même temps, soyons généreux à l’infini ! Mais effectivement, beaucoup cherchent, ou courent après, et n’arrivent que très rarement à attraper ne serait-ce que quelques bribes de précieux espoirs fondés sur le socle de ces réussites si indispensables, du moins si désirables ou plutôt désirées . L’initié ne renie aucunement la réussite en soi, il la voit autrement avec pratiquement les mêmes éléments constitutifs, à la juste différence qu’il en possède une intime connaissance quant à la façon de les obtenir en prenant en compte son propre "itinéraire karmique" , lequel s’avère être le seul "dess(e)in" probant pour esquisser les meilleurs chemins accessibles vers ces nombreux possibles succès. Il faut donc en connaître l’exacte teneur pour en demander toute la potentialité des richesses qu’elle renferme, lesquelles restent, de manière latente mais certaine, à entière disposition selon ce processus qui se doit d’être explicité en pleine lumière…
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